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Contexte

Contexte

L’économie mondiale traverse des moments tumultueux. La reprise est lente aux États-Unis, la crise de la dette n’est pas résolue en Europe et l’on observe des signes de ralentissement de la croissance en Chine. La crise économique mondiale, qui a commencé en 2007, n’a pas épargné l’Afrique. Selon l’édition 2011 des Perspectives économiques en Afrique, une publication conjointe BAD/OCDE/CEA/PNUD, la croissance économique a ralenti en Afrique, passant d’une moyenne de 6 % avant la crise à 3,1 % en 2009. En 2011, les prix élevés des produits alimentaires et du carburant ainsi que les troubles politiques enregistrés dans plusieurs pays d’Afrique du Nord ont également contribué au ralentissement de la croissance. Toutefois, depuis lors, la croissance a repris et devrait atteindre 5,8 % en 2012, chiffre proche des taux enregistrés avant la crise.

Les perspectives de croissance reposent sur une anticipation de la poursuite de bonnes politiques économiques, d’une forte demande des marchés émergents et de la région et de la hausse des prix des produits de base. Toutefois, plusieurs risques continuent de peser sur les perspectives de croissance en Afrique. Ces risques sont liés à l’incertitude qui pèse sur l’économie mondiale, aux difficultés politiques qui persistent dans plusieurs pays et aux marges plus étroites dont disposent de nombreux pays pour adopter de nouvelles politiques anticycliques. Sont particulièrement vulnérables les pays qui connaissent des contraintes structurelles dues à une faible diversification de l’économie, aux infrastructures insuffisamment développées, à la contraction des recettes d’exportation et à l’absence de financement à long terme.

Les perspectives incertaines de la croissance économique dans le monde et en Afrique s’accompagnent de profondes inquiétudes concernant les perspectives de réduction continue de la pauvreté et les améliorations d’autres indicateurs de développement. Bien avant la crise, l’accélération des progrès vers la réalisation de l’Objectif du millénaire pour le développement consistant à réduire de moitié la pauvreté à l’horizon 2015 constituait déjà un défi. Les progrès ont également été insuffisants dans des domaines essentiels comme la sécurité alimentaire, la création d’emplois et la santé maternelle et infantile. Ces défis sont aggravés par les inégalités persistantes en ce qui concerne les résultats en matière de développement. Par ailleurs, les questions relatives à la pérennité du processus de développement lui-même se font de plus en plus pressantes, en raison des pressions exercées par la croissance démographique rapide et les effets de plus en plus néfastes de la dégradation de l’environnement et du changement climatique. Ces questions urgentes devront trouver des solutions efficaces dans un programme à définir par les populations africaines après 2015.

Renforcer la croissance économique en Afrique est essentiel. Mais à l’évidence, cela ne suffira pas. Les événements récents en Afrique du Nord et ailleurs ont encore une fois démontré que les progrès observés dans les indicateurs économiques et sociaux, aussi impressionnants soient-ils, doivent s’accompagner de l’autonomisation des citoyens et de l’égalité des chances. Les décideurs doivent notamment veiller à ce que la croissance se traduise en gains plus importants en termes de bien-être humain, que les bénéfices du développement soient plus équitablement répartis et que les questions liées à la pérennité du développement soient effectivement réglées. Une question fondamentale qui interpelle l’Afrique aujourd’hui est de savoir comment promouvoir un développement inclusif et durable en cette période d’incertitude pour l’économie mondiale ? Cette question complexe constitue le thème central de la Conférence économique africaine 2012, prévue à Kigali (Rwanda), du 30 octobre au 2 novembre 2012.


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