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La vulnérabilité de l’Afrique au changement climatique appelle des solutions innovantes. L’agriculture emploie la moitié de la main-d’œuvre africaine et plus de 90 % de l’agriculture africaine dépend des précipitations. On s’attend à ce que la grande majorité des Africains et de l’économie africaine souffrent davantage des phénomènes climatiques extrêmes, à mesure que les événements météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents et plus graves, affectant l’agriculture, le tourisme, les villes, les secteurs de l’infrastructure, y compris les systèmes d’approvisionnement en eau et en énergie, et même le secteur extractif.

L’adaptation au changement climatique pourrait coûter au continent au moins 50 milliards de dollars US par an d’ici 2050. Pourtant, l’Afrique affiche les flux de financement climatique par habitant les plus faibles au monde, un constat en contradiction avec les principes d’une véritable justice climatique.

Il est essentiel pour le bien-être économique, social et matériel de l’Afrique de développer des stratégies d’adaptation, d’atténuation et de transformation face aux changements climatiques en collaboration avec toutes les parties prenantes clés, y compris les agriculteurs. L’objectif est un développement adapté aux changements climatiques et à faible émission de carbone qui stimule la croissance, favorise d’autres sources de production d’énergie et réduise le déficit énergétique, en particulier dans les zones rurales. Alors que la plupart des rares émissions de l’Afrique proviennent de la pratique de diverses formes d’agriculture et d’utilisation des terres plutôt que du secteur de l’énergie, le continent présente un énorme potentiel d’énergies renouvelables : l’hydroélectricité, le solaire, l’éolienne et le géothermique.

En Afrique, les stratégies de croissance verte peuvent accélérer l’investissement dans des technologies et des industries à faible consommation de ressources, et aider à la gestion des coûts et des risques qui s’en suivent pour les contribuables, les entreprises et les collectivités. L’Afrique est de plus en plus attentive aux coûts associés au développement à forte intensité de carbone et aux avantages des énergies renouvelables, de l’utilisation durable des terres, du développement à faible émission de carbone et d’autres services énergétiques. Des plans visant à intégrer l’action climatique au développement durable sont déjà en cours de mise en œuvre, notamment en Éthiopie, au Kenya et au Rwanda.

L’impact à long terme de la pandémie de COVID-19 sur l’agriculture, et par conséquent sur les finances des ménages, limitera l’accès à l’électricité et la capacité des pays à adopter des stratégies adaptées au climat. Les pays dont la capacité des services publics est faible et les investissements publics dans des politiques adaptées aux changements climatiques étaient déjà insuffisants avant la survenue de la pandémie continueront probablement à être à la traîne dans leur adaptation à une énergie plus propre et à un développement adapté au climat.

Les effets combinés du ralentissement économique mondial et du changement climatique ont contribué à une baisse de l’investissement dans des stratégies adaptées au climat au cours des deux dernières années dans de nombreux pays africains. Les pays dépensent déjà des sommes substantielles sur les effets de la crise climatique, toutes choses qui détournent les ressources rares de l’investissement dans les programmes de développement socioéconomique et menacent de jeter les pays davantage dans la pauvreté (BAD, 2022).

Parallèlement, plusieurs initiatives aident les pays africains à atténuer les changements climatiques et à s’y adapter. L’accent est passé de la réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts à l’adaptation, conformément à la Conférence des Parties de Copenhague de 2009. Cette tendance a été renforcée par les engagements officiels pris dans le cadre des conférences des parties successives. En 2021, le Centre mondial pour l’adaptation (GCA) et la Banque africaine de développement ont coopéré à la mise en place du Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique (PAAA) afin d’aider tous les pays africains à concevoir et à mettre en œuvre une adaptation porteuse de transformations pour leurs économies en vue de renouer avec le développement après la COVID.

En dépit de ces initiatives, les flux de financement climatique vers l’Afrique n’ont pas été à la hauteur des engagements pris par les pays développés et n’ont pas répondu aux besoins d’adaptation et d’atténuation du continent (BAD, 2022). La part de l’Afrique dans le financement climatique global n’a augmenté que de 3 points de pourcentage en moyenne entre 2010 et 2019, passant de 23 % (48 milliards de dollars US) dans la période entre 2010 et 2015 à 26 % (73 milliards de dollars US) pendant la période allant de 2016 à 2019. Étant donné les ressources nécessaires pour atteindre les objectifs de l’Afrique en termes de contributions déterminées au niveau national (entre 118,2 et 145,5 milliards de dollars US par an jusqu’en 2030 selon les estimations), des mesures plus concrètes sont nécessaires pour combler le déficit annuel du financement climatique en Afrique (BAD, 2022).

Il est essentiel qu’en facilitant la mobilisation de ressources l’on conçoive des programmes qui ciblent à la fois l’atténuation et l’adaptation et permettent d’assurer l’équilibre entre les deux de manière systémique. Davantage de recherche s’avère indispensable pour éclairer les politiques d’adaptation et d’atténuation face aux changements climatiques et pour assurer une croissance et un développement durables et écologiquement rationnels.